Quel télescope choisir ?
Guide de l’astronomie amateur

Comment choisir le meilleur télescope ? Réponse complexe pour une question complexe ! Il n’existe pas réellement de meilleur télescope ou de meilleure lunette astronomique, car tout est situationnel. Votre choix variera selon vos objectifs, le ciel profond, le planétaire ou l’astrophotographie. Ce site est là pour vous proposer des comparatifs selon vos besoins et tenter de répondre à toutes ces questions passionnantes sur l’espace et l’astronomie, amusez-vous bien !

« Le commencement de toutes les sciences, c’est l’étonnement de ce que les choses sont ce qu’elles sont. » Aristote

Que signifie télescope en grec ?

Il est toujours intéressant d’analyser l’étymologie d’un mot. Télescope vient de grec ancien « tele » qui signifie « loin » et scope, skopein (σκοπεῖν) qui veut dire regarder, voir. Donc, tout simplement « voir de loin ».

Que peut-on voir avec un télescope ?

Grâce à vos instruments d’astronomie, vous allez pouvoir scruter l’univers à la recherche de tous ces objets célestes. L’observation se divise en deux catégories : Le ciel profond et le planétaire. Détaillons tout ça !

Le ciel profond

Galaxies, amas stellaire, nébuleuses, quasar, voilà de quoi se compose le ciel profond. Il faut savoir que le ciel profond n’est pas très lumineux, raison pour laquelle les télescopes sont préférés pour son observation. Plus le diamètre est élevé et plus vous aurez de luminosité. Les astronomes amateur ne faisant que du ciel profond recommande souvent un Newton sur monture Dobson. L’ouverture de votre télescope sera une caractéristique importante pour ce type d’observance.

Photo de la nébuleuse du crabe
Nébuleuse du crabe

Le planétaire

Photo de la planète Jupiter
Jupiter

Comme son nom l’indique, il s’agit des planètes et pour débuter, celle d’une petite partie de notre système solaire. Vous commencerez par la Lune, Jupiter, Saturne, Mars et Vénus. Vous pourrez aussi observer les satellites de ces planètes. Les planètes étant très lumineuses, vous n’aurez pas besoin d’un gros diamètre sur vos réflecteurs et réfracteurs pour commencer à les observer. Nous conseillons très souvent d’utiliser un télescope Maksutov ou une lunette astronomique pour ce type d’observation. Le Newton convient également à ce type d’observation, nous en parlons plus loin.

IMPORTANT : Vous devrez vous munir d’une carte du ciel pour commencer votre découverte astronomique. Vous en trouverez sous forme papier, mais également avec des applications smartphone. Nous conseillons d’ailleurs Stellarium qui vous propose énormément de fonctions en version gratuite.

De quoi est composé un télescope ?

Le trépied

Photo montrant un trépied de telescope

Le trépied est la partie de base qui permet de soutenir votre monture et votre tube. Il se compose de trois pattes d’appuis au sol pour une stabilité optimale de votre télescope. Vous devrez prendre en compte la matière et la rigidité de votre trépied selon le poids de l’appareil astronomique que vous fixerez dessus.

La monture

Photo d'une monture de telescope

La monture est l’instrument se trouvant entre le trépied et le tube. Elle permet l’orientation de votre télescope pour cibler les astres. Il existe trois types de monture : Les azimutales, les équatoriales et les Dobson. Les définitions vous apparaitront un peu plus bas.

Le tube

Photo d'un tube de telescope

C’est le composant où rentre la lumière et où sont fixés l’oculaire et le pointeur. Il peut être composé de plusieurs miroirs et (ou) de lentille selon les types de télescope.

Concernant les lunettes astronomiques, c’est à travers une lentille et non un miroir que traversera la lumière pour aller rejoindre l’oculaire à travers ce que l’on appelle un renvoi coudé.

L’oculaire

Photo d'un oculaire de telescope

C’est un accessoire qui vient se placer sur le porte-oculaire de votre tube. C’est l’endroit où vous viendrez poser vos yeux. Lorsque vous achèterez un télescope, des oculaires de plus ou moins bonne qualité seront fournis avec celui-ci. Ils sont largement suffisants pour commencer. Le diamètre de votre oculaire, associé à la focale de votre télescope, permet le grossissement de l’objet spatial que vous allez regarder.

Lunette astronomique ou télescope ? Comment fonctionnent-ils ?

Il existe deux types de matériel d’observation et nous les trouvons en France sous deux noms différents : Les réfracteurs et les réflecteurs, ou plus communément appelé lunette astronomique et télescope.

Réfracteur (Lunette astronomique)

Schémas du fonctionnement d'une lunette astronomique

Les lunettes astronomiques sont composées d’une lentille à l’avant, d’un tube, d’un oculaire monté au-dessus d’un renvoi coudé, d’une monture et bien sûr d’un trépied. Il faut savoir que la lentille d’une lunette est en verre, que le verre est cher et que plus le diamètre du tube sera gros, plus le prix de la lentille sera élevé.

L’autre défaut des lunettes astronomiques sont les aberrations chromatiques. Pour faire simple, il s’agit d’une perte de netteté et d’un flou des couleurs.
Pour corriger ce défaut, vous devrez vous équiper de ce que l’on appelle une lunette apochromatique, mais vous vous en doutez, elles coûtent plus cher ! Celle qui ne corrige pas ce défaut sont dites « achromatiques« .

Vous devez savoir qu’à diamètre équivalent, une lunette aura une meilleure qualité d’image qu’un télescope. Elles sont faites pour le planétaire !

Les plus
  • Peu de réglage
  • Légère et moins encombrante qu’un télescope
  • Meilleure qualité d’image à diamètre équivalent
Les moins
  • Aberrations chromatiques
  • Observation du ciel profond compliqué

Réflecteur (Télescope)

Les télescopes fonctionnent quant à eux avec un système de miroir et non de lentille comme les lunettes astronomiques. La lumière rentre par le haut du tube et viens frapper une première fois le miroir primaire à l’autre bout pour aller rebondir sur le second qui lui, cible l’oculaire où vous placez vos yeux.

Les miroirs étant moins chers que le verre, à diamètre équivalent, le coût d’un télescope sera moins élevé qu’une lunette astronomique. Rien n’étant parfait comme vous le savez, il a aussi ses défauts : L’aberration optique dite Coma. C’est une distorsion des astres qui se transforme sous forme de trait ou de comète. (je vulgarise). Les télescopes dit « Newton » nécessitent également un réglage que l’on appelle « collimation« . Nous en parlerons dans un guide spécial.

Les plus
  • Observation du ciel profond et des planètes
  • Moins cher à diamètre équivalent qu’une lunette
  • Pas d’aberration chromatique
Les moins
  • Il nécessite plus de réglage
  • Plus lourd et plus encombrant
  • Aberration dite Coma
  • Très compliqué à utilisé en ville
Schéma du fonctionnement d'un telescope

Quels sont les différents types de télescope ?

Le Newton

Comme vu plus haut, il s’agit d’un télescope réflecteur (système de miroirs). Inventé par James Gregory, mais fabriqué pour la première fois par Isaac Newton. Ce télescope est maintenant très répandu. Vous le retrouverez sur les montures Dobson et les montures équatoriales. Il a ses défauts comme l’aberration Coma, mais il permet de faire du ciel profond ainsi que du planétaire. Monté sur une équatoriale, il sera parfait pour faire de l’astrophotographie du ciel profond. Sachez par contre le télescope de Newton n’est pas fait pour la ville. Effectivement, la pollution lumineuse mettra à mal vos observations.

Photo montrant un telescope Newton

Le casse-grain

Dessin montrant le fonctionnement d'un telescope casse-grain

C’est en 1672 que Laurent Casse-grain invente son propre télescope. La grande différence est que son miroir secondaire est convexe, qu’il renvoie la lumière non pas sur le côté comme le Newton, mais au fond du télescope et que son miroir primaire est percé au milieu. Il recevra ainsi la lumière pour arriver jusqu’à votre oculaire. Sans trop rentrer dans les détails, ce système permet tout simplement, sans allonger votre télescope, d’avoir une meilleure focale. Il est, lui aussi, sujet à certaines déformations optiques.

Le Schmidt-Cassegrain

Dessin détaillant le fonctionnement d'un telescope Schmidt-cassegrain

C’est en 1931 que le système sera amélioré par Bernhard Schmidt. Il ajoutera une lentille à l’avant que l’on nomme « lame de Schmidt » qui corrige les aberrations. Il remplace également les miroirs paraboliques par des miroirs sphériques, plus facile à fabriquer, et donc moins cher ! Le Schmidt-Cassegrain fait partie de cette catégorie de télescope appelé « catadioptrique« . Il est également très polyvalent, car il vous permettra de faire de l’observation ainsi que de l’astrophotographie. Son prix est également beaucoup plus élevé.

Le Maksutov

Le Schmidt-Maksutov est également dans la catégorie des télescopes catadioptriques. Il est doté d’une lentille à l’avant et de plusieurs miroirs. Cela permet malgré sa petite taille de tube, d’avoir une focale aussi élevé qu’un Newton. Il possède donc un fort grossissement, mais un petit champ de vision, c’est son inconvénient (que l’on peut modifier avec un réducteur de focale) mais c’est aussi un avantage si vous vivez en ville. Vous devrez effectuer une mise en température pour ce type de télescope. Pour faire simple, il vous permettra de faire du planétaire de très bonne qualité en milieu urbain.

Photo d'un telescope Maksutov

Parlons des différentes montures de nos appareils d’observation !

Monture azimutale

Ce sont les plus simples à utiliser. Elles se bougent seulement sur deux axes, verticalement et horizontalement. Leur principal défaut est qu’elle n’offre pas de suivi des objets spatiaux que vous pointez. On les retrouve principalement sur les lunettes astronomiques.

Photo d'une monture azimutale pour lunette astronomique

Monture équatoriale

Photo d'une monture équatoriale EQ3

Les montures équatoriales sont plus difficilement réglables, mais offre par contre ce suivi que n’offre pas la monture azimutale, grâce à un troisième axe réglable qui doit obligatoirement suivre celui de la terre. Vous devrez la régler sur le nord céleste, c’est-à-dire l’Étoile polaire située dans la constellation de la Petite ourse.

Vous comprenez ainsi facilement pourquoi il est plus facile de suivre un astre ou un amas d’étoiles avec cette monture. Sachez aussi que certaines de ces montures sont équipées d’un moteur pour compenser la rotation de la terre. Ce type de monture est presque obligatoire si vous voulez faire de l’astrophotographie du ciel profond.

Monture Dobson

C’est un socle rotatif azimutal qui vous permet de fixer votre télescope (très souvent de type Newton) en plein milieu. Il sera par contre compliqué de faire de l’astrophotographie, car il ne bénéficie pas de ce troisième axe qui permet de suivre l’axe de la terre.

Beaucoup de personnes ne faisant que du visuel (observation) et du ciel profond ne jure que par ce système. Effectivement, il est simple à installer, bénéficie d’une très bonne stabilité et n’est pas très onéreux. Ayez quand même de la place, car il est assez imposant !

Photo d'une monture Dobson pour telescope

Faisons un point sur la focale et l’ouverture, deux notions très importantes !

  • La focale d’un télescope est en fait la distance parcourue par la lumière entre votre miroir primaire et l’endroit où la lumière converge en un point, c’est-à-dire votre miroir secondaire (pour un télescope).
    Pour la lunette astronomique, remplacez juste le miroir par la lentille dans le sens inverse et vous avez sa focale. Plus la longueur focale est grande, plus votre appareil d’observation aura un effet grossissant élevé
  • Le diamètre est l’ouverture de votre tube ou plus précisément celui de votre miroir situé à l’intérieur. Plus il sera grand, plus vous pourrez capter de lumière et plus le résultat sera détaillé. Parfait pour l’observation du ciel profond avec un télescope et idéal également pour le planétaire avec une lunette astronomique.
Schéma pour expliquer la longueur focale d'un telescope

Prenons un exemple pour que ce soit encore plus clair !

Télescope Omegon N 130/920 : Cela signifie que vous aurez un télescope Newton avec un diamètre de 130 mm et une longueur focale de 920 mm.

Calculons maintenant le grossissement et la luminosité !


Pour calculer le grossissement, vous devez diviser la focale du télescope par la focale de l’oculaire : Ft/Fo=Grossissement 920/10=92. Votre élément sera grossi 92 fois grâce à ce télescope (avec un oculaire de 10 mm)

Pour calculer la luminosité, une seule formule : La focale du télescope divisé par son diamètre soit Ft/d=L
Pour ce télescope, cela nous fait 920/130=7,1.

Plus ce chiffre est faible, plus vous aurez de luminosité, caractéristique très importante pour l’astrophotographie et le ciel profond. Très souvent, ce calcul est appelé le rapport focale sur diamètre.

Voilà pour l’instant mathématique !

Qu’est ce que la pollution lumineuse ?

Photo de la pollution lumineuse vue de l'espace
Pollution lumineuse vue de l’espace

Pour les astronomes amateurs que nous sommes, certains problèmes se mettront en travers de notre route lorsque nous déciderons d’observer les étoiles, la Voie lactée ou nos constellations préférées et la pollution lumineuse en est un !

Nous pourrions la définir comme la luminosité anormale et dérangeante lors de nos observations astronomiques. Le meilleur exemple est la ville ou le milieu urbain. Effectivement toutes ces lumières artificielles nous empêchent une bonne observation de la sphère céleste.

Le meilleur endroit pour une bonne observation serait donc la campagne, mais sachez qu’il est possible d’observer les planètes depuis les villes. Et oui, c’est une des qualités d’une lunette astronomique à faible diamètre et des télescopes Maksutov. Moins de luminosité, donc moins de pollution. À l’inverse, oubliez les télescopes Newton !

Quel est le meilleur télescope pour débuter ?

En voilà une bonne question ! Si vous avez lu ce qui précède, vous vous êtes bien rendu compte que plusieurs choses étaient possibles, qu’aucun appareil d’observation n’était parfait et qu’il fallait toujours peser le pour et le contre. Nous allons pour l’instant diviser cette question en deux catégories.

  • Vous êtes en ville : Deux solutions, le Maksutov ou une lunette astronomique. Le milieu urbain vous permet de faire quasiment que du planétaire.
  • Vous êtes à la campagne : Nous vous conseillons un télescope Newton sur une monture Dobson. Vous pourrez faire du ciel profond et du planétaire. Elle sera par contre plus embêtante à trimballer. Pour son ouverture, le prix est vraiment intéressant.


Pour un premier télescope débutant, nous pensons réellement que les montures équatoriales peuvent être un problème lorsque que l’on commence son apprentissage. Déjà, elles sont plus chères et la mise en station peut vite vous démotiver à continuer vos observations.

=> Retrouvez dès à présent notre guide spéciale pour choisir un télescope débutant !

Nous ne conseillons pas non plus de télescope ou de lunette à moins de 200 euros à part pour les enfants qui souhaitent débuter. Il existe effectivement des télescopes dans ces prix-là, mais notre avis est d’attendre un peu pour pouvoir se permettre l’achat d’un télescope entre 300 et 500 euros.

Il existe aussi des jumelles d’observation qui sont souvent de meilleure qualité que certains télescopes pour débuter. Elles vous permettront d’observer la lune et certaines planètes de manière vraiment propre et sont vendues avec un trépied pour plus de confort.

C’est un outil idéal pour les débutants et les enfants, car facilement transportable et elles vous permettent également d’observer la faune et la flore !

=> Concernant les enfants, vous trouverez ici aussi notre guide spécial « Comment choisir le meilleur télescope pour enfant »